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CAMPAÑA INTERNACIONAL STOP DSM

El forumadd (Buenos Aires, Argentina) y Espai Freud (Barcelona, España) promueven la Campaña Internacional STOP DSM contra los etiquetamientos y la lógica clasificatoria del DSM -que lleva a la medicalización del padecimiento- y a favor de la escucha, la lectura y el abordaje subjetivante del sufrimiento psíquico.

Invitamos a profesionales e instituciones a sumarse a esta iniciativa, a discutir el tema y a aportar sus propios manifiestos.

Compartimos a continuación los dos primeros manifiestos incluidos en http://stopdsm.blogspot.com, a donde pueden ingresar para adherirse a la Campaña.

Manifiesto del forumadd

"Pour une approche en termes de subjectivité de la souffrance psychique
des enfants et adolescents, NON au DSM"

Les professionnels et organisations signataires considèrent qu'il est nécessaire de prendre position au sujet d'un aspect-clef de la défense du droit à la santé, particulièrement dans le champ de la santé mentale: la pathologisation et la médicalisation de la société, et spécialement celles des enfants et des adolescents.

Nous soutenons que la construction de la subjectivité se fait nécessairement en référence au contexte social et historique dans lequel elle s'inscrit et que c'est un droit pour les enfants, les adolescents et leurs familles d'être écoutés et aidés dans une situation de mal-être ou de souffrance psychique.

Comme nous l'avons déjà établi lors du Conseil des Experts dans le Domaine de la Santé (Consenso de Expertos del Área de la Salud) sur ce qu'on appelle "Trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité" (2005) "Il y a une multiplicité de « diagnostics » psychopathologiques et de thérapeutiques qui simplifient la détermination des troubles chez l'enfant et régressent à une conception réductionniste des problèmes psychopathologiques et de leur traitement".

Ce sont des énoncés descriptifs qui finissent par se transformer en énoncés diagnostics .

Dans ce sens, un Manuel comme le DSM (Manuel Diagnostic et Statistique des Désordres Mentaux de la American Psychiatric Association, dans ses différentes versions), qui ne prend en compte ni l'histoire, ni les facteurs déclenchants, ni ce qui est sous-jacent à un comportement, supprime la possibilité de réfléchir et de se demander ce qui arrive à un être humain

Ceci constitue une atteinte au droit à la santé car la confusion entre signes et pathologies fait obstacle au traitement adéquat pour chaque patient.

Dans le même temps, avec l'argument d'une supposée position a-théorique, le DSM relève [pourtant] de la théorie selon laquelle l'observable et le quantifiable peuvent rendre compte du fonctionnement humain, ignorant la profondeur et la complexité de celui-ci, ainsi que les circonstances historico-sociales qui peuvent susciter certains comportements.

Plus grave encore, il a la prétention d'avoir l'hégémonie sur des pratiques qui servent des intérêts qui ont peu à voir avec les droits des enfants et de leurs familles .

A ce sujet, nous lançons l'alerte, autant sur le contenu que sur l'impact, qu'ont dans le champ de la santé mentale le DSM IV en vigueur et le DSM V en préparation. Présentés à l'origine comme des manuels statistiques pour une épidémiologie traditionnelle, ils ont au cours des dernières décennies pris la place des définitions, des nomenclatures, et des principales références diagnostiques en ce qui concerne les processus de souffrance mentale.

C'est pour cela que les diagnostics qui sont donnés comme des étiquettes peuvent être clairement nocifs pour le développement psychique d'un enfant, en lui créant un "trouble" à vie.

Sous forme de classifications et recettes données au titre de l'urgence, de l'efficacité et du pragmatisme, les déterminants intra- et inter- subjectifs de la souffrance psychique sont contournés.

Nous considérons qu'il est fondamental d'établir un diagnostic à partir d'une analyse détaillée de ce que dit le sujet, de ses productions, et de son histoire. Dans cette perspective le diagnostic est quelque-chose de très différent que de poser une étiquette; c'est un processus qui se construit au fil du temps et qui peut varier (parce que nous sommes tous amenés à subir des changements).

En ce qui concerne les enfants et les adolescents, il faut mettre en avant un aspect fondamental. Il est central de prendre en compte les vicissitudes de la constitution de la subjectivité et le passage complexe que supposent toujours l'enfance et l'adolescence, ainsi que l'incidence du contexte. Il existe ainsi des structurations et restructurations successives qui déterminent un parcours où se succèdent des changements, des progressions et des régressions. Les acquisitions se font dans un temps qui n'est pas strictement chronologique.

C'est pour cela que les diagnostics qui sont donnés comme des étiquettes peuvent être clairement nocifs pour le développement psychique d'un enfant, en lui créant un "trouble" à vie.

De cette façon, on efface l'histoire d'un enfant ou d'un adolescent et on dénie le futur comme différence.

Il est habituel que la souffrance des enfants soit mésestimée par les adultes et souvent la pathologie se situe là où il y a des fonctionnements qui blessent ou angoissent, laissant de côté ce que vit l'enfant. Il est fréquent ainsi que soient situés comme pathologiques des comportements qui correspondent à des moments du développement, en même temps qu'on retire de l'importance à d'autres comportements qui [pourtant] impliquent un mal-être violent pour l'enfant lui-même.

En outre, supposer que diagnostiquer c'est nommer nous mène à une voie fort peu rigoureuse, en ce qu'elle ignore la variabilité des déterminants de ce qui est nommé.

De la même façon, les classifications tendent à regrouper des problèmes très différents, uniquement parce que leur présentation est semblable.

Le DSM part de l'idée qu'un groupe de symptômes et de signes observables, qu'il est possible de décrire, est en lui-même une maladie, avec une supposée base "neurobiologique" qui l'explique, et des gènes qui, sans trop de preuves véritables, en seraient la cause.

Le manuel entend soutenir comme "données objectives" ce qui n'est rien de plus qu'une énumération de comportements, sans soutien théorique ni validation clinique. Il est paradoxal qu'un assemblage de données passe pour être le supposé modèle qu'on prétend utiliser pour rendre compte de la pathologie psychique, niant en cela toute exploration plus approfondie, et passant outre l'incidence de l'observateur dans la qualification de ces comportements.

Par exemple, le fait qu'un enfant bouge (tout comme le retard de langage) peut être considéré comme normal ou pathologique selon l'observateur : ce fait peut aussi bien être situé comme un "trouble" spécifique que comme un symptôme de difficultés auxquelles il est relié. Et cela, selon celui qui "évalue" l'enfant.

Cela s'est compliqué au fil des années. Ce n'est pas par hasard que le DSM-III mentionne 180 catégories diagnostiques, le DSM-III, 292 et le DSM-IV plus de 350. Pour ce que l'on en sait en ce moment, le DSM V, déjà en préparation, établira, grâce à l'emploi d'un paradigme appelé "dimensionnel" beaucoup plus de « troubles » et aussi de nouveaux «  groupes » de façon à ce que nous puissions tous nous retrouver représentés par l'un d'entre eux.

Nous considérons que cette façon de classifier n'est pas naïve, qu'elle obéit à des intérêts idéologiques et économiques, et que son but, en apparence "a-théorique", ne fait qu'occulter l'idéologie sous-jacente à ce type de pensée, qui est la conception d'un homme-machine, robotisé, avec une subjectivité aplanie, au service d'une société qui privilégie l'"efficacité".

Ceci s'exprime aussi par les traitements recommandés en fonction de ce type de diagnostics: médicament et thérapies comportementales, ignorant à nouveau l'incidence du contexte et la façon complexe de s'insérer, de faire son chemin et d'élaborer, qui caractérisent l'être humain.

À propos de la médication, ce qui est prédominant c'est la médicalisation des enfants et adolescents, par laquelle on a l'habitude de réduire au silence avec un comprimé des conflits qui souvent les dépassent et constituent des appels au secours qui ne sont pas entendus comme tels. Pratique très différente de celle qui consiste à soigner selon le critère "quand il n'y a pas de meilleur remède », avec l'accent mis sur l'atténuation de l'incidence désorganisatrice de certains symptômes, tout en menant une stratégie de subjectivation qui a pour but de désentraver et de potentialiser - et non pas seulement de supprimer.

Un médicament doit être une ressource à l'intérieur d'une approche interdisciplinaire qui prenne en compte les dimensions liées à l'époque, les dimensions institutionnelles, familiales et personnelles, qui sont en jeu.

Donc nous considérons qu'au lieu d'étiqueter, nous devons penser à ce qui est en jeu dans chaque symptôme présenté par les enfants et les adolescents, en prenant en considération la singularité de chaque consultant et en situant cette souffrance dans le contexte familial, scolaire et social dans lequel cet enfant est immergé

  1. Le mal-être psychique est le résultat complexe de facteurs multiples, parmi lesquels les conditions socio-culturelles, l'histoire de chaque sujet, les vicissitudes de chaque famille et les avatars du moment actuel se combinent avec des facteurs constitutionnels, ce qui donne lieu à un résultat particulier
  2. Toute consultation pour un sujet qui souffre doit être considérée dans sa singularité.
  3. Les enfants et les adolescents sont des sujets en croissance, en processus de changement, de transformation. Ils construisent leur histoire à un moment particulier, avec des progressions et des régressions. Par conséquent, aucun enfant et aucun adolescent ne peut être « étiqueté » comme une personne qui va avoir à supporter une pathologie à vie.
  4. La conception de l'enfance et de l'adolescence a varié selon les différents moments et contextes sociaux. Et les productions de la subjectivité sont distinctes suivant chaque moment et chaque contexte.
  5. Un étiquetage précoce, déguisé en « diagnostic », produit des effets qui peuvent conditionner le développement d'un enfant, si tant est que l'enfant se voit lui-même à l'image de ce que les autres lui attribuent, qu'il construit une représentation de lui-même à partir du miroir que les autres lui tendent. Et, à leur tour, les parents et les maîtres le regardent en fonction de l'image que les professionnels lui donnent de l'enfant. Par conséquent, un diagnostic précoce peut orienter le parcours de la thérapie d'un sujet ou se transformer en invalidation. Ceci implique une énorme responsabilité pour celui qui reçoit en consultation un enfant.
  6. Tous les enfants et adolescents méritent d'être assistés dans leur souffrance psychique et que les adultes les soulagent de ce qu'ils subissent. Pour cela, tous, et pas seulement les citadins, devraient avoir accès à différents traitements, selon leurs nécessités, ainsi qu'à l'écoute d'un adulte qui peut les aider à trouver des chemins créatifs face à leur souffrance et des réseaux d'adultes qui peuvent les soutenir dans les moments difficiles.

Buenos Aires, 2 juin 2011

Nous apprécions la diffusion de la Campagne Internationale STOP DSM .
Les professionnels et les institutions qui désirent adhérer à la campagne s'il vous plaît suivez ce lien.

Descargar Manifiesto forumadd

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